Les troubles auditifs

La baisse de l’audition apparaît lorsqu’une partie des signaux sonores qui arrivent à notre oreille externe n’atteint pas le cortex cérébral, ou parvient sous une  forme indéchiffrable. Il est à noter que l’on peut mal entendre sans être sourd.

hear somethingLa surdité

La surdité de perception

Cette surdité se situe à partir de la transformation des sons en flux nerveux. Le message sonore est soit mal encodé par l’oreille interne, soit mal transmis par le nerf auditif, ou soit mal décodé au niveau du cortex cérébral. Quand les cellules ciliées sont mises hors service, les premières touchées sont celles qui transmettent les fréquences aiguës. La déformation atteint autant les sons externes que sa propre voix. Ce type de surdité peut être total.

La surdité de transmission

Elle apparaît lorsqu’il y a entrave au passage des ondes sonores, avant leur codage. Elle atteint l’oreille externe ou moyenne. La perte prédomine sur les fréquences graves et n’est jamais totale. La personne perçoit néanmoins sa voix normalement.

La surdité mixte

Elle conjugue à la fois une surdité de perception et une surdité de transmission.

L’échelle de la surdité

Audition normale :

Perte moyenne inférieure à 20 dB, aucune gêne.

Malentendance :

Déficience légère : perte moyenne de 20 à 40 dB. Perte des bruits faibles, des aigus et de certains éléments phonétiques.
Déficience moyenne : perte moyenne de 40  à 70 dB. Seule la parole forte est perçue.

Surdité :

Perte moyenne de 70 à 120 dB et plus. De la déficience sévère (appareillage, lecture labiale et rééducation) à la surdité totale (à partir d’une perte de 120 dB).

Le saviez-vous ?

Les bruits de loisirs sont en train de fabriquer une génération de malentendants précoces.
Une personne soumise à 100 dB durant 40 heures par semaine, pendant 20 ans, a une probabilité de perte auditive de 48% !

Tinnitus. Closeup portrait side profile sick female having ear pain touching her painful head isolated on gray wall background

Les Acouphènes (ou sifflements d’oreilles)

Les acouphènes sont des sifflements ou des bourdonnements d’oreilles. La plupart des gens connaissent ce phénomène, pour l’avoir ressenti de manière temporaire après une exposition au bruit ou après une période de stress. Les acouphènes sont alors de faible intensité et disparaissent au bout de quelques minutes ou quelques heures. En cas de traumatisme auditif aigu, les acouphènes sont permanents. On les perçoit tout le temps, et de manière particulièrement sensible dans les endroits calmes. Mais leur intensité augmente avec le bruit et on les entend aussi dans les ambiances bruyantes. Les acouphènes sont puissants et se manifestent par des sifflements aigus extrêmement gênants. Ils entrainent une dégradation de l’audition en ajoutant un sifflement aux « vrais » sons : ils rendent métalliques et désagréables tout ce que l’on entend. Les acouphènes permanents sont très invalidants. Ils gênent constamment la concentration le jour, empêchent de dormir la nuit, et deviennent insupportablement obsédants.

 

L’Hyperacousie (ou hypersensibilité auditive + douleur)

Il est très difficile de s’imaginer ce qu’est l’hyperacousie quand on ne l’a pas vécue soi-même. L’hyperacousie c’est percevoir les sons plus forts qu’ils ne le sont vraiment. Vous voyez une mobylette qui passe, mais vous entendez une moto. Vous voyez une porte qui claque, mais vous entendez un pétard qui explose. Vous voyez un enfant qui pleure, mais vous entendez une sirène qui hurle, etc. Cette hypersensibilité s’accompagne dans certains cas de douleurs auditives. En d’autres termes, entendre fait souffrir. Cette douleur se manifeste au niveau des oreilles juste après la perception du son. En cas d’exposition prolongée au bruit, elle se diffuse dans le cou et dans la gorge, et se prolonge pendant plusieurs heures après la disparition du bruit. Plus le son est fort, sec et aigu, plus il est insupportable et douloureux. L’hyperacousie rend le monde hostile et douloureux. A force de souffrir, on abandonne progressivement ses activités, on renonce aux contacts avec les autres. Finalement, à bout de résistance, on doit arrêter son travail.

 

En résumé

L’hyperacousie est particulièrement handicapante dans la vie active et dans les loisirs. Elle rend le monde extérieur insupportable. Pour éviter la souffrance, on se replie dans des endroits calmes, on s’enferme chez soi. Les acouphènes prennent alors le relais, envahissant le silence et l’esprit de manière obsédante. Avec les acouphènes, on ne peut plus supporter son propre corps. La souffrance vient donc du monde et de soi-même, de l’extérieur et l’intérieur. Il n’existe pas de refuge, pas de répit.  Les acouphènes et l’hyperacousie, c’est l’enfer sur terre : une torture physique et morale permanente.