Témoignages

temoignages Voici quelques témoignages de jeunes ayant subi un traumatisme auditif après un concert, pendant une répétition ou encore après avoir été exposés à un niveau sonore excessif. Ils vous livrent leur calvaire et leur souffrance, et vous rappellent que notre capital auditif doit être ménagé pour toujours conserver un plaisir auditif durable. Donc, vigilance ! Dès les premiers signes de sifflements ou de douleurs et bourdonnements, n’hésitez pas à consulter votre médecin sans tarder.

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Sarah 23 ans Traumatisme acoustique lors d’un concert

J’ai subi un traumatisme acoustique le 14 octobre 2006, lors de l’un de mes concerts (j’étais chanteuse dans l’un des groupes qui jouaient ce soir-là) dans une salle plutôt mal conçue, au réglage sonore sans limitation de décibels. J’ai eu un traitement d’urgence (vasodilatateurs et cortisone) afin de traiter mes acouphènes et mon hyperacousie, qui étaient faibles à l’époque. Un ORL assez spécialisé dans le domaine m’a conseillé d’aller voir un audioprothésiste afin d’effectuer une thérapie aux bruits blancs 8h par jour pendant 3 mois (location d’appareil = 350 euros pour 6 mois). Au fur et à mesure, tout allait mieux, j’ai été agréablement surprise par l’efficacité de ces appareils. Les divers ORL que j’ai pu consulter m’ont affirmé que je pouvais reprendre la musique en groupe, protégée avec des prothèses auditives – 25 dB(A). J’ai donc réintégré un groupe en tant que guitariste, protégée avec protections – dB(A) + casque de chantier – 30 ou 25 dB(A) (je voulais être prudente). Cinq mois se sont passés sans problème, où je n’ai fait que des répétitions. Mais suite à un concert donné le 21 juin 2007 (avec toujours autant de protection auditive), j’ai subi de nouveau un traumatisme : j’en ai déduit que lorsqu’on est atteint par l’hyperacousie, même légèrement, la musique en groupe est à proscrire sous peine d’aggravation des effets. J’ai hélas la ferme impression d’avoir été mise en grave danger par l’ignorance des divers ORL que j’ai pu voir : ils permettent aux gens souffrant d’hyperacousie de fréquenter les milieux de musique amplifiée dépassant les 80 dB(A), alors qu’ils ne connaissent pas suffisamment les risques, la cause et les mécanismes de cette pathologie. Depuis, ma vie est un véritable enfer ! Malgré un nouveau traitement d’urgence, cela ne s’est jamais amélioré. J’ai même réessayé de faire une thérapie aux bruits blancs, mais je ne les supporte plus : je suis apparemment trop atteinte pour que cela fonctionne à nouveau (douleurs et augmentation des symptômes après plusieurs heures de port d’appareils). Le bilan : Aujourd’hui, après plusieurs mois de repos, je ne perçois qu’un acouphène supportable. Cependant, mon hyperacousie est devenue si invalidante et insupportable suite à ce second traumatisme, qu’il m’est quasiment impossible de sortir de chez moi sous peine d’aggravation. C’est un véritable cercle vicieux : si l’on se protège avec des bouchons, l’hyperacousie augmente et si l’on ne se protège pas du tout, elle augmente aussi. Ma vie est donc devenue infernale et très limitée : Je ne peux plus sortir comme avant (soirées, bars, cinéma etc.) voire ne plus sortir du tout (Exemple : les bruits de la circulation me fatiguent énormément et me font mal, je ne peux plus emprunter les transports en commun), J’ai dû arrêter la musique en groupe, J’ai des douleurs régulières aux cervicales et à la nuque, J’ai des symptômes divers (céphalées, nausées, vertiges, insomnies), Je suis en dépression permanente (je suis actuellement sous antidépresseurs), J’ai des difficultés de concentration, je ne peux plus exercer mon métier en tant que vendeuse de produits ludiques (bruits ambiants fatigants et musique dans les magasins) et ma vie sociale commence vraiment à être affectée (même s’il y a mon conjoint, mes parents et des amis proches pour me soutenir). Bref, je ne vis plus… J’ai quasiment tout perdu : mon bien-être moral et physique, ma plus grosse passion qui est la musique et surtout, je n’arrive pas à envisager mon avenir professionnel. Ainsi, étant jeune et ne pouvant plus exercer mon métier, je n’aurai bientôt plus de ressources financières (je suis en situation précaire actuellement). Mon conjoint et ma mère (divorcée) supportent financièrement mon handicap. Il est d’ailleurs difficile de subvenir aux frais des prescriptions de soulagement, non remboursés, sans avoir d’emploi. Aujourd’hui, je m’occupe la plupart du temps au calme, chez moi, en attendant d’être déclarée invalide.

Youssef 35 ans Une répétition de trop pour ce musicien…
Bonjour, Je souffre d’acouphènes, j’ai 35 ans. J’en ai un à l’oreille droite depuis 1995. Je vais vous raconter mon histoire juste dans l’espoir qu’une personne qui ne souffre pas de ce mal puisse prendre les précautions nécessaires et ne pas gâcher sa vie, dans l’espoir qu’un type important de la Sécu le lise et se dise « Tiens on pourrait p’têtre prendre en charge cette maladie », ou que quelqu’un d’influent puisse faire bouger les choses (et pour me soulager un peu aussi). Oui on peut le dire, les acouphènes pourrissent la vie. Ils sont là en permanence et ne vous laissent aucun moment de repos. C’est un mal qui profite de vos moindres faiblesses. Comme je le disais, mon acouphène est apparu en février 1995. A l’époque je jouais de la guitare dans un groupe de rock. Après chaque répétition j’avais les oreilles qui sifflaient, mais le lendemain tout avait disparu. Je ne connaissais pas les effets dévastateurs du bruit sur l’oreille. Je pensais simplement qu’avec le temps on devenait sourd. Un soir de février nous avons essayé un nouveau batteur. Il était bon mais il tapait fort. Après la répétition avec ce nouveau batteur mes oreilles sifflaient (les deux !). Jusque-là, rien d’alarmant. Au réveil, le lendemain, mon oreille droite siffle toujours,  » Bah ça va passer, c’est vrai que hier nous avons joué fort  » me disais-je. Sur ce, je passais ma journée normalement sans trop y prêter attention, demain ça ira mieux. Le lendemain ça n’allait pas mieux, mon oreille droite sifflait toujours, une légère inquiétude m’envahissait, alors j’ai pris un rendez-vous chez mon médecin généraliste. « C’est pas grand-chose, ça va passer » me dit-il.  » Ouf ! ça devenait vraiment agaçant ! « . Je prends donc son traitement pendant la durée indiquée. Aucune amélioration au bout de 10 jours. Je retourne le voir, il me donne un rendez-vous chez un ORL. Quelques jours plus tard ce dernier me reçoit. Il me fait plein de tests. Tout a l’air OK, il me demande quand est-ce que c’est apparu et dans quelles circonstances. Je le lui dis. Il me dit qu’on ne peut plus rien faire. Le verdict vient de tomber froidement, ça ne se guérit pas. Je vais donc devoir apprendre à vivre avec. J’avais le moral dans les chaussettes, j’étais désespéré et surtout je devais faire face à l’incompréhension de mon entourage. Ils découvraient avec moi l’existence de ce mal. Je n’arrivais pas à accepter cet état, à force d’en parler, on m’a donné une info,  » Il existe une clinique spécialisée à côté de Béziers. Prends rendez-vous avec eux, ils font des miracles, avec eux tu verras bien, s’ils ne peuvent rien c’est que personne n’y pourra plus rien ! « . Chose dite, chose faite, j’ai pris un rendez-vous dans cette clinique. Il fallut attendre 8 mois pour voir un de ces fameux spécialistes de Béziers. Bien sûr, j’étais en dépression, je ne dormais plus, cela a même affecté mes études. Toutes les nuits j’étais pris de tremblements et de sueurs froides, je n’arrivais plus à trouver le sommeil. Le grand jour arrive, avec angoisse je vais à Béziers, Je passe entre les mains d’une assistante qui me fait entrer dans des pièces différentes pour des tests aussi différents que variés, résultat, tout est OK (pour eux). Le grand spécialiste me reçoit dans son bureau, il regarde les résultats des tests et me dit,  » Vous êtes musicien ?  » Je réponds que oui. Il enchaîne : « Ben vous voyez un disque de musique en vinyle ? » (je voyais pas le rapport !)   » Oui docteur !  »  » Ben quand il est rayé, c’est comme ça, on ne peut pas le réparer, votre oreille c’est pareil. Vous devez apprendre à vivre avec. Ça fera 800 francs.  » Je m’acquitte donc de cette somme honteusement élevée, et je rentre chez moi, seul avec mon désespoir, et cette réponse qui m’a fait l’effet d’une lame de guillotine glacée qui s’abat sur mon cou. Depuis, j’ai enchaîné les périodes de dépression, de stress, d’angoisse, d’insomnie, avec tous les médicaments qui vont avec, je n’ai plus jamais eu le sommeil réparateur que j’avais avant. Et oui l’acouphène entraîne d’autres maladies (dépression, insomnie etc.). Il y a 1 mois environ, j’ai commencé à avoir des douleurs aux oreilles. Comme d’autres, ayant une maladie INCURABLE de l’oreille, dès que ça touche les oreilles on devient parano et on met pas 30 ans à aller consulter. C’est ce que j’ai fait. Non, je ne vois rien Monsieur, prenez un peu de Doliprane, ça va passer. Aujourd’hui j’ai toujours mal sauf que j’ai revu mon généraliste 2 fois et un ORL 1 fois. Ils n’observent rien d’anormal. Sauf que mon acouphène a amplifié depuis une dizaine de jours et que je l’entends maintenant jour et nuit. J’entre à nouveau dans cette phase de dépression et tout le tintouin. J’ai actuellement un traitement lourd pour tenter d’améliorer les choses. Je n’y crois pas vraiment en ce traitement, c’est le même que celui que j’avais eu 13 ans plus tôt. Entre autres le fameux Vastarel, qui ne fait rien (sur moi en tout cas). J’espère vraiment trouver une amélioration car là ce n’est plus vivable… Si je pouvais remonter le temps et éviter le soir de ce fameux traumatisme sonore je le ferais, ma vie a complètement été bouleversée depuis ce jour et elle ne sera plus jamais comme avant. Quand on est acouphènique, le silence n’existe plus, le repos non plus. Malgré cela je m’estime heureux car je ne suis pas devenu hyperacousique.
Nora 23 ans Des dégâts sur l’audition : traumatisme acoustique

Bonjour, je m’appelle Nora, j’ai 23 ans et je souffre d’hyperacousie sévère accompagnée d’acouphènes bilatéraux pulsatiles. A l’âge de 17 ans, je jouais intensément de la guitare électrique dans un groupe métal et j’assistais à de nombreux concerts. Suite à un festival à Dours, mes oreilles se sont mises à siffler pour ne plus jamais s’arrêter. Depuis – je ne vais pas y aller par quatre chemins – je ne me vois aucun avenir. Je suis en deuxième année d’école de cinéma et je me dis sans arrêt que je n’y arriverai jamais, car c’est un milieu très stressant et bruyant. Je n’arrive plus à me concentrer et je suis torturée par des maux de tête permanents, douleurs à la nuque et, cerise sur le gâteau, pressions dans les tympans, comme si mes oreilles étaient constamment bouchées ! De plus, je fais mes études à Bruxelles, et je pleure en me levant à l’idée d’affronter les grincements métalliques des trams sur leurs rails. Pendant chaque moment de répit plane cette souffrance qui semble inexorable (je pense que c’est un des fléaux les plus insidieux qui vont frapper notre nouvelle génération) ! En clair, je suis révoltée. Révoltée contre moi-même, pour ne pas m’être protégée contre les agressions sonores – mais une gamine de 17 ans est-elle assez mature pour se dire qu’elle est en train de gâcher sa vie -, mais aussi révoltée contre l’indifférence ambiante, l’hypocrisie de certains organisateurs qui devraient être jugés pour semi-homicide (involontaire ou non). Je termine en disant que mon message n’est pas pessimiste mais réaliste. Je me sens comme un mutilé de guerre, excepté le fait que je n’y ai pas participé. Je voudrais en écrivant ce message pouvoir faire réaliser aux gens que c’est une vie qui est en jeu, et pas seulement des oreilles ou une simple perte d’audition. C’est la vie amoureuse, la vie sociale, la vie professionnelle qui en pâtissent. C’est un avertissement que je lance à tous ceux qui me lisent, ce n’est pas une confession, pour cela il y a les curés ou mieux les Psys ! SVP faites que mon message soit publié, c’est le seul réconfort que je peux encore espérer. La dure réalité est aussi le seul moyen de faire comprendre les choses aux gens qui pensent que ça n’arrive qu’aux autres.

Jérémy 19 ans Un son trop puissant dans l’oreille…
Le 1er avril 2006 (et ce n’est pas une blague, ça ne me fait pas du tout rire), j’étais à l’anniversaire d’une amie. Tout se passait bien jusqu’au moment où la personne se trouvant sur ma gauche m’a traumatisé l’oreille avec une corne de brume (elles sont souvent utilisées dans les stades de foot ou les évènements sportifs). J’ai ressenti immédiatement une gêne auditive et un mal-être. Le lendemain et durant plusieurs semaines, j’ai ressenti une vive gêne et des vertiges ainsi que des sifflements. Ensuite la gêne s’est atténuée même si elle est toujours présente. Je n’ai plus de sifflements, par contre j’ai perdu de l’audition. Je souffre d’hypersensibilité à mon oreille gauche ce qui, on peut le dire, me gâche la vie, surtout à mon âge. A cause de ce problème je ne peux plus faire la fête avec mes amis, utiliser un baladeur, aller en boîte, en concert, au cinéma, travailler dans un environnement bruyant (le bâtiment, par exemple). Bref ma vie sociale est sérieusement perturbée. Cela peut entraîner des déprimes et donner des idées noires. Alors si vous ne voulez pas qu’il vous arrive la même chose, suivez attentivement tous les conseils prodigués sur ce site et si vous voyez des appareils de destruction auditive (cornes de brume, par exemple) courrez et protégez-vous !
Arnaud 30 ans Trop de décibels dans les oreilles…
Cela fait maintenant trois ans que je suis atteint d’hyperacousie. Je vivais dans le XIIIe arrondissement de Paris. Une amie m’a invité à un concert de rock alternatif. Le concert avait lieu sur une péniche. C’était une soirée comme tant d’autres, un prétexte pour sortir. Or, nous ne pouvions nous parler car les groupes qui se succédaient sur scène rivalisaient en puissance sonore. Je me souviens qu’une lourde fatigue m’est tombée sur les épaule. Puis, la nuit même, je me suis mis à entendre les travaux de métro qui se déroulaient dans mon quartier. Je ne trouvais pas le sommeil. Chaque nuit, mon corps vibrait au rythme des machines souterraines. En réalité je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Personne n’entendait ces bruits à part moi. J’ai dû quitter Paris et abandonner mon travail pour trouver un peu de répit en Bretagne. Finalement, décidé par mes proches, j’ai consulté un O.R.L. Il m’a retiré un bouchon de cérumen. En sortant du cabinet médical, le bruit de mes pas sur l’asphalte m’empêchait de marcher. Par la suite, on m’a fait passer une IRM. Ce fut la catastrophe… Aujourd’hui je vis en rase campagne, dans un gîte. Malheureusement les machines agricoles s’arrêtent rarement de travailler, y compris la nuit à la saison des ramassages. Je porte des bouchons d’oreilles, mais depuis l’IRM, je souffre également d’acouphènes stridents. Parfois, lorsque le bruit d’un tracteur me tape sur les nerfs, je prends ma voiture car le moteur me sert de bruit blanc. En revanche, je ne peux m’arrêter ni ouvrir une fenêtre. J’ai souvent essayé d’aller en ville mais cela relève de l’exploit. Mes couverts sont en plastique ou en carton. Je supporte la voix de mon père uniquement quand il chuchote. Je ne me pose pas la question de l’avenir. J’essaye de vivre dans un présent permanent et de lutter chaque seconde contre le bruit.